Grâce à une rencontre organisée par Novae, La Boite Crânienne a eu la chance de visiter la ferme maraichère urbaine de La Ligne Verte. Située dans l’arrondissement Saint-Laurent à Montréal, cette nouvelle épicerie IGA a été conçue pour supporter un toit vert produisant des fruits, des légumes et du miel qui sont vendus 44 marches plus bas.

Il est même possible, quelques matinées par semaine, de commander une cueillette en direct. Sur un écran, on voit alors un maraicher aller cueillir la botte de kale, de betteraves ou le casseau de fraises et nous l’apporter quelques minutes plus tard. Plus frais que ça, ça vous prend votre propre jardin !

La Ligne Verte, un expert en toits verts, effectue une production bio-intensive dont les produits obtiennent la certification biologique ECO-CERT. Le maraicher en chef Tim nous a expliqué que les défis de cultiver un jardin sur un toit vert sont nombreux, puisqu’ils ne travaillent que sur 15 à 20 cm de terre, ce qui permet peu d’inertie pour la gestion de la richesse du sol. La rotation des cultures doit être planifiée au quart de tour pour maximiser le rendement et minimiser les infestations. Cette troisième année leur permet enfin d’avoir une richesse micro-organique promettant des récoltes encore plus faciles les prochaines années. Le vent pose également problème sur un toit, qui peut endommager les plants, détruire des tunnels et accélérer l’érosion. Tim réfléchit à des solutions pour les prochaines années.

Pour créer un toit vert, il ne suffit pas de mettre de la terre sur un toit. Tim et Richard du IGA nous expliquent les différentes couches composant la structure d’un toit vert durable. Les avantages d’un toit vert valent déjà l’investissement de 5% des coûts de construction supplémentaires en fournissant isolation supérieure. Même les vers de terre ensemancés sont restés durant l’hiver, profitant probablement de la chaleur dégagée par le bâtiment. Les bénéfices pour la collectivité sont également importants : réduction des ilots de chaleur et du ruissellement et augmentation de la bio-diversité. Un pluvier kildir nous a fait sa petite danse de l’aile brisée pour attirer notre attention loin de son nid.

La visite s’est terminée par une petite session d’interprétation sur les ruches et leurs abeilles mellifères. La Ligne Verte possède maintenant 4 ruches qui aident autant à la pollénisation des fruits et légumes-fruits du toit qu’aux cultures des environs, puisque le rayon de butinage des abeilles peut s’étendre sur 5 kilomètres. À voir le rythme auquel la ruche grandit, nous aurons une bonne cuvée de miel laurentien cette année.

Lorsque la science n’est pas directement dans notre assiette, elle est au moins bien présente dans la culture des ingrédients qui la composent.